dimanche 28 juin 2026

Journal ritaphysique (28 juin 2026)

Si on définit l'humour comme la tristesse dans la gaieté (Pirandello), à quoi correspondrait alors la gaieté dans la tristesse?

Peut-être à une certaine forme de nostalgie, quand le mal éprouvé en présence de ce qui revient, de ce qui simule le retour, s'accompagne d'une joie si ténue qu'elle se confond avec sa propre disparition.

(La formule est à peaufiner.)

*

Toute joie a quelque chose d'un flash.  Je ne semble pas pouvoir en jouir dans son pur présent. 

Ou bien je l'anticipe aux abords de sa formation, ou bien je la saisis après coup, à la limite externe de son passage. 

Mais quand jouit-on le plus lumineusement de sa joie?  Réponse possible: quand la tristesse succède de façon immédiate au glissement de la joie dans son être déjà passé.

De ce point de vue, la nostalgie, c'est le mal (la tristesse) en présence de l'irréversibilité de la joie, en présence de cette impossibilité pour la joie de faire retour (nostos) à son présent, de revenir à la brûlure verticale de son instant, de faire marche arrière en direction de son passage.

C'est la jouissance au second degré de ce mal, c'est la gaieté dans la tristesse.






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